Pour Eric Berkowitz, collectionneur new-yorkais, les éditions artistiques de skateboards ne sont pas de simples objets statiques, mais des souvenirs immortalisés de moments qu'il partage avec ses deux jeunes enfants.
Les murs de son couloir racontent des histoires, tissant une riche tapisserie de la vie de leur famille, le tout imprégné d'une passion pour le skateboard et d'un engagement à rendre service à la communauté.
Salut Eric, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur toi ?
Je suis dermatologue. J'habite à New York. Je me considère comme assez active. J'ai deux jeunes enfants, tous deux passionnés de skateboard. C'est une collection que nous avons commencée avec eux, ou plutôt, pour eux. Elle s'est développée à partir de là. Quel genre d'art collectionnez-vous ?
Beaucoup d'artistes nouveaux et émergents. Des œuvres qui me parlent, qui font écho à un moment que je vis ou à des expériences que j'ai vécues. Si je vois une œuvre qui me touche, j'essaie de m'en inspirer. Les planches de skate m'ont parlé à bien des égards. Êtes-vous vous-même un patineur ?
Je l'étais. Patineur un jour, patineur toujours !
L'envie est toujours là, c'est certain. Je ne guéris juste plus comme avant en riant. Mais votre fils et votre fille font du skate, alors c'est chouette que vous puissiez partager ça ensemble.
J'adore les emmener dans les skateparks et les regarder faire du skate. Comment as-tu découvert THE SKATEROOM ?
J'ai découvert ça par hasard dans une maison de ventes aux enchères. Une collection était mise en vente, c'était vraiment intéressant et ça m'a fait penser à mon fils. Ensuite, j'ai consulté le site web de THE SKATEROOM et à partir de là, c'était très simple. Ce qui m'a vraiment plu, c'est que beaucoup de choses étaient destinées à des œuvres caritatives ; c'était donc une façon d'apprendre à mes enfants la valeur du partage. On choisit des pièces qu'ils aiment vraiment et on leur explique : « Voilà à quoi ça sert, voilà la cause que ça soutient… » On a ainsi pu allier une passion qu'ils partagent avec une façon de s'investir dans la communauté. Combien d'éditions possédez-vous actuellement dans votre collection ?
Je ne me souviens plus très bien. On en avait rempli le couloir, mais on continue d'en collectionner et de trouver des pièces qui nous touchent. Par exemple, le tableau de Raymond Pettibon, Sans titre (Les mains levées…), représentant un homme jouant au baseball, était destiné à notre fils. On valorise aussi beaucoup l'émancipation des femmes, notamment en proposant à notre fille des planches de skate conçues par des femmes. Pour THE SKATEROOM, comme pour les projets sociaux avec lesquels nous collaborons, le skateboard est un véritable outil pour véhiculer un message bien plus large. C'est formidable que cette approche se retrouve dans ta collection personnelle. Quelles sont les éditions qui te touchent le plus ?
La culture skate est omniprésente. On trouve des articles sur la musique, d'autres plus politiques, d'autres encore qui racontent des histoires – dont beaucoup ont marqué ma jeunesse. Revenir à ces numéros qui font ressurgir tant de souvenirs et qui me touchent profondément, c'est vraiment génial. Avez-vous une préférence pour l'investissement dans des éditions limitées plutôt que dans des œuvres d'art plus traditionnelles ?
Pour moi, c'est une question d'accessibilité. Rendre l'art accessible, lui permettre d'en comprendre le sens, susciter l'intérêt et la curiosité, et éveiller l'enthousiasme des plus jeunes. Les enthousiasmer, pour que, lorsqu'ils retourneront au musée et entendront un nom précis, ils se disent : « Ah oui, je reconnais ça ! » C'est une plateforme. Personne, pas même un musée, ne peut posséder toutes les œuvres d'art. Pour moi et mon couloir, c'était simplement une manière intéressante de les exposer. Elles dégagent différentes couleurs et différentes personnalités. À tout moment, nous pouvons en retirer certaines et les remplacer par d'autres, ce qui transforme complètement l'atmosphère du couloir. Entrer dans un couloir rempli de planches de skate, c'est assez surprenant. Quelles sont les réactions des nouveaux visiteurs ?
Les gens qui le voient sont toujours impressionnés. De loin, c'est déjà intéressant, mais en s'approchant, on découvre bien plus. D'un côté du couloir, c'est le mur de ma fille, de l'autre, celui de mon fils. Le côté de ma fille est un peu plus féminin et on y trouve surtout des skateuses. Le côté de mon fils, lui, présente des planches de skate plus imposantes. On dirait que ces éditions ne sont pas seulement des œuvres d'art, mais de véritables instantanés de la personnalité, des loisirs et des souvenirs d'enfance de vos enfants.
J'aime la cause et ce que représentent ces planches. Ce qui est formidable avec les planches de skate artistiques, c'est qu'elles touchent profondément des souvenirs. On en a déjà exposé pas mal, mais il y en a tellement d'autres qui restent à découvrir. Et j'aime toujours autant le processus. Quand on en achète une, c'est pour ce moment qu'elle représente et qu'elle continuera de nous rappeler !